De ma fenêtre

De ma fenêtre
Toulouse, 5 juillet 2014, 21h15

mardi 12 janvier 2016

À peine un cri mouillé… (Claude ROY)


Mise en voix de texte : À peine un cri mouillé… (Claude ROY)
extrait de "Sais-tu si nous sommes encore loin de la mer ?" (1979)


12 01 16, 12h17.
J.-J. Marimbert

jeudi 24 décembre 2015

L'ours (Jean-Jacques MARIMBERT)


Mise en voix de texte : L'ours (Jean-Jacques MARIMBERT)
(extrait d'Animots, Éd. des Carnets du Dessert de Lune, décembre 2015)


24 12 15, 17h57.
J.-J. Marimbert

Je suis dans la rue (Jean-Jacques MARIMBERT)


Je suis dans la rue,
passe devant la cathédrale bleutée,
comme si j'allais quelque part,
le pas ferme, déterminé, voilà,
je rejoins Alsace-Lorraine,
les statues du Musée des Augustins
sont toujours aussi élégantes,
où vas-tu me disent-elles,
j'accélère le pas,
personne ne se doute que
j'évite les rues qui mènent au Canal,
au pont, à la rue en pente,
à l'escalier, à la porte,
à l'espoir émietté,
il me semble que
tout le monde fait pareil, c'est idiot,
pourvu que nous n'arrivions jamais,
ce serait terrible,
je vais quelque part, c'est certain,
cet enfant, là, qui court,
ce couple habillé d'éclats de rire,
sous les guirlandes tendues entre les balcons,
de part et d'autre de la rue,
eux aussi, nous y allons,
l'air est frais, un air d'inconnu,
j'en fais une histoire,
un visage a disparu à l'angle,
avalé par une vitrine
où l'univers est merveilleux,
lumières, vêtements de fête,
tables dressées, champagne,
ou bien un reflet,
c'est tout un, à l'infini,
il y a une foule compacte,
la rue est démesurément longue,
ce soir,
j'ai tout mon temps.

(23 décembre 2015)
Toulouse, place Saint-Étienne, 12 décembre 2015, 17h53. ©JJMarimbert


dimanche 20 décembre 2015

Poissons (Jean-Jacques MARIMBERT)


Mise en voix de texte : Poissons (Jean-Jacques MARIMBERT)
(extrait d'Animots, Éd. des Carnets du Dessert de Lune, décembre 2015)


20 12 15, 8h38.
J.-J. Marimbert

mardi 15 décembre 2015

samedi 12 décembre 2015

Peut-être ne pourrai-je plus parler… (Jean-Jacques MARIMBERT)


Peut-être ne pourrai-je plus parler, peut-être n'ai-je plus de mots, ou vains, ou creux. Les mots se cachent, affolés, fuient. Ou ne suis-je plus habité par rien, comme aspiré, balayé. Est-ce possible. Entouré de formes évanescentes, molles, moi au milieu mais où. Peut-être est-ce un début, le début d'un début, esquisse, ébauche, de quoi, je n'en vois pas le bout. Lourde pierre détachée d'un à-pic fleuri, depuis je cours çà et là, tout va bien, agrippé au garde-corps, tout tient. Je suis là à le dire, même pas, ridicule adresse, face à qui, pourquoi, nul appel, nulle réponse, nulle attente, ou bien attente absolue, ni colère, ni noirceur facile, ni délaissement fabriqué pour masquer le volcan. Je suis là, ne suis pas là, plus là, je suis là, regard brouillé dans l'attente du matin, du soir, du repas, de la rue, du bus, du métro, du fleuve, de la porte, de la porte fermée, de la porte fermée silencieuse, du silence fermé, du vin, du soleil d'hiver, si beau, si fragile, si timide, des ombres pâles, bleues, toujours bleues, de ton visage évaporé, partout, dilué dans l'air, dans les arbres, dans les nuages, cueilli au vol par les fenêtres de la nuit. Foulure du temps, il fait si froid. Corps disloqué, corps terrassé par le vent vertical, sur le lit caché dénudé invisible, anatomie du tonnerre souterrain. Le volet bat, les cyprès se regardent sans fin dans le cercle du lampadaire, percent le ciel noir. Peut-être n'ai-je plus à dire, ai-je perdu je ne sais quoi, je sais, non, personne ne sait, enfance gâchée, inconsolable, et puis. Tenir, résister, espérer, tout bascule. Violence des armes, confiance malmenée, que croire, et qui, naïveté du oui, toujours le non l'emporte, en soi, hors de soi. Pourquoi lutter. Pourtant lutter, encore, aimer, têtu, le dire, le taire, le dire. Avoir le courage. Mais cette lassitude niée par le merle qui file en râlant, se pose au cœur du figuier squelettique, patient. Reconnaître ce vide, ce piège, ce fiel de l'attente, cette joie recouverte d'algues décomposées, de crabes secs, d'écume huileuse venue de l'horizon. De l'horizon du fond des yeux, de l'horizon du fond de la bouche, du ventre. Et sous les yeux, sous les paupières tapissées d'aiguilles, là, je suis là, tout entier. Ni sombre ni saturnien à la noix, ni posture ni orgueil, ni rien d'autre que cette possibilité d'être, cette possibilité nue, cette liberté avide. Un secret mal gardé, ni plainte, ni gémissement, ni rien, force de l'abandon, force du vertige, béance à jamais, tous sens à vif, vivant espoir d'un ailleurs contenu. Peut-être ne pourrai-je plus parler, verrouillé du dedans, du dehors, entre les deux coincé, mais tenace. Là où le vent siffle, glacé, revigorant, dans une invisible faille, qu'une mélodie suffirait à réchauffer, à éclairer, à décorer de mille nuances, de rires, de pleurs de joie, de courses folles dessinées par le hasard.

12 décembre 2015, 17h11.
Toulouse, métro, 10 12 15, 7h33. ©JJMarimbert


Dialogue, extraits, 1966-1968 (Giuseppe UNGARETTI/ Bruna BIANCO)


Mise en voix de textes : Dialogue, extraits, 1966-1968
(Giuseppe UNGARETTI/ Bruna BIANCO)
Ungà : Ta clarté, suivi de L'éclair de la bouche
Réponses de Bruna : Couleur d'ombre.

"Dialogue a été publié à quelques exemplaires hors commerce, avec une combustion de Burri, à l'occasion de mes quatre-vingts ans, en février 1968. Il comporte des poèmes de moi où, conscient de mon âge, j'ose laisser entendre que l'amour peut ne s'éteindre qu'avec la mort. Les réponses sont d'une jeune femme, Bruna Bianco ; je les ai trouvées d'une fraîcheur poétique insolite et je suis parvenu à vaincre sa répugnance à les publier à côté de mes textes." (G. Ungaretti)


12 12 15, 8h29.
J.-J. Marimbert